On prépare un trek de trois jours, on récupère un GPX par étape sur VisuGPX, un KML exporté depuis Google Earth pour le repérage des points d’eau, et un tracé Komoot pour la variante crête. Résultat : cinq fichiers éparpillés dans trois formats, impossibles à charger d’un bloc sur la montre ou le smartphone. Combiner GPX et KML en un seul fichier règle ce problème en quelques minutes, à condition de choisir la bonne méthode.
Différences entre GPX et KML pour la randonnée
Le GPX (GPS eXchange Format) stocke une suite ordonnée de points avec coordonnées, altitude et horodatage. C’est le standard des applications de randonnée : Locus Map, OsmAnd, Garmin, Suunto.
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Le KML (Keyhole Markup Language), lui, vient de l’univers Google Earth. Il décrit des tracés, mais aussi des polygones, des icônes personnalisées, des superpositions d’images. Un fichier KML peut contenir bien plus qu’un simple itinéraire, ce qui le rend plus lourd et parfois mal interprété par les GPS de terrain.
Quand on veut regrouper des itinéraires issus de ces deux formats, la fusion passe presque toujours par une conversion préalable vers un format unique, généralement le GPX, parce que la majorité des appareils et applications outdoor le lisent sans broncher.
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Conversion KML vers GPX avant fusion : les outils qui fonctionnent sur le terrain

Avant de fusionner quoi que ce soit, on doit ramener tous les fichiers au même format. Plusieurs outils en ligne gèrent cette étape sans installation.
- GPS Visualizer accepte en entrée du KML, du KMZ et du GPX, puis exporte un GPX nettoyé. On peut charger plusieurs fichiers d’un coup et récupérer une trace unique en sortie.
- Le site Calcul d’itinéraires (calculitineraires.fr) permet d’importer plusieurs fichiers GPX ou KML et de les regrouper en un seul itinéraire, avec visualisation sur fond de carte avant téléchargement.
- Komoot propose un outil en ligne (GPX Viewer & Merger) qui lit GPX, KML et GeoJSON. Il détecte automatiquement les segments et offre deux modes : Smart Merge (raccordement intelligent entre segments) ou Simple Merge (concaténation brute).
Le choix entre ces outils dépend surtout du volume de fichiers. Pour deux ou trois traces, n’importe lequel convient. Au-delà de cinq fichiers, GPS Visualizer reste le plus souple parce qu’il ne limite pas le nombre d’imports.
Fusion GPX multi-segments : ordre des traces et pièges courants
La fusion elle-même paraît simple, mais l’ordre des segments change tout. Si on colle bout à bout une étape 3 avant l’étape 1, le GPS calculera un aller-retour absurde ou affichera une ligne droite fantôme entre les deux extrémités.
Sur un outil comme celui de thepostrace.com, on peut réordonner visuellement les traces sur la carte avant de lancer le merge. C’est le point à vérifier en priorité : l’aperçu cartographique avant export évite les erreurs de séquençage.
Autre piège : les doublons de points aux jonctions. Quand deux traces partagent un point de départ/arrivée identique (un col, un refuge), la fusion peut créer un aller-retour de quelques mètres à cet endroit. La plupart des outils en ligne ne nettoient pas ces micro-segments. Sur Locus Map, on peut fusionner les parcours directement depuis l’application et supprimer les points superflus manuellement.
Le cas des fichiers KMZ
Un KMZ n’est qu’un KML compressé en ZIP. Certains outils de fusion refusent le KMZ en entrée. Il suffit de renommer le fichier en .zip, d’extraire le .kml qu’il contient, puis de l’importer normalement. Le Garmin Zumo XT3 accepte directement GPX, KML et KMZ en import, mais pour la randonnée pédestre, on travaille rarement avec ce type de GPS moto.
Combiner des itinéraires randonnée sans fusionner : l’alternative du pack thématique

Fusionner toutes les traces en un seul fichier n’est pas toujours la meilleure option. Pour un week-end de randonnée avec trois boucles indépendantes au départ du même village, garder trois fichiers séparés dans un même dossier sur l’application est souvent plus lisible qu’une trace unique de plusieurs dizaines de kilomètres.
Certains guides en ligne proposent des packs d’itinéraires au format KML couvrant plusieurs jours, qu’on charge d’un coup dans Google Earth ou dans une appli mobile. C’est une forme de regroupement thématique qui conserve la logique jour par jour sans écraser les métadonnées de chaque étape.
Des plateformes comme Outdooractive ou Utagawa permettent aussi de planifier une rando à partir d’une trace existante en important un GPX ou un KML, puis en générant des variantes (boucle, aller-retour, départ décalé). On combine ainsi dynamiquement plusieurs traces plutôt que de les coller en dur, ce qui laisse plus de souplesse si la météo impose un changement de programme.
Vérification du fichier fusionné : ce qu’on contrôle avant de partir
Une fois le fichier combiné téléchargé, on ne le charge pas directement sur le GPS sans vérification. Trois points méritent un contrôle rapide.
- Le profil altimétrique doit être cohérent : pas de chute verticale à la jonction de deux segments, pas d’altitude négative aberrante.
- La distance totale affichée doit correspondre, à quelques centaines de mètres près, à la somme des distances des fichiers d’origine.
- Les waypoints (points d’intérêt, sources d’eau, refuges) doivent avoir survécu à la fusion. Certains outils ne conservent que les trackpoints et suppriment silencieusement les waypoints lors du merge.
Les retours varient sur ce point selon l’outil utilisé : GPS Visualizer conserve généralement bien les waypoints, tandis que des outils plus simples les ignorent. Ouvrir le fichier fusionné dans un viewer avant de partir sur le sentier prend deux minutes et peut éviter une mauvaise surprise à la première bifurcation.
La méthode la plus fiable reste de convertir tous les KML en GPX, de vérifier l’ordre des segments sur une carte, de fusionner, puis de contrôler distance et altitude du fichier final. Avec les outils gratuits disponibles aujourd’hui, regrouper des itinéraires randonnée en un clic fonctionne réellement, à condition de ne pas sauter l’étape de vérification.

